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Date maj : 28/11/2007

Rapport CE sur application dans l'UE des IFRS et de la directive juste valeur


L'Institute of Chartered Accountants in England and Wales (ICAEW) a mené une importante étude pour le compte de la Commission européenne (CE) sur la mise en oeuvre des IFRS et de la directive "juste valeur" dans l'Union européenne. Plusieurs méthodes de travail ont été mises en oeuvre parmi lesquelles : organisation de tables-rondes (dont une à Paris), enquêtes auprès de 51 investisseurs, 162 préparateurs et 141 auditeurs représentant 23 pays membres...

Les principaux constats auxquels l'ICAEW est parvenu sont les suivants.

Mise en oeuvre de la directive européenne "juste valeur"

Le nombre d'options offertes par la directive "juste valeur" associé à la réglementation sur les IAS/IFRS a créé un paysage complexe en Europe, s'agissant des obligations ou possibilités de recourir à la comptabilisation à la juste valeur (...).

L'utilisation de la comptabilisation à la juste valeur par les sociétés, en vertu de la directive européenne, semble avoir été limitée. Cependant, il est difficile de distinguer les effets de la directive "juste valeur" et de la règlementation sur les IAS/IFRS car, dans une large mesure, la conformité avec ces deux dernières dépend des options autorisées par les Etats membres et des choix effectués par les sociétés.

Mise en oeuvre du règlement IAS

En laissant à la discrétion des Etats membres la possibilité de déterminer dans quelle mesure les IFRS pouvaient ou non être appliquées en dehors des états financiers consolidés des groupes cotés, cela a nécessairement conduit à des situations juridiques qui varient de manière significative d'un pays à l'autre.

Opinions des préparateurs, utilisateurs et auditeurs
Coût de la mise en oeuvre des IFRS

L'estimation globale du coût de préparation des premiers états financiers consolidés en IFRS des entités cotées est la suivante (analyse selon le montant du chiffre d'affaires des sociétés) :

 

Chiffre d'affaires inférieur à 500 millions d'euros :

0,31 % du chiffre d'affaires

Chiffre d'affaires compris entre 500 et 5.000 millions d'euros :

0,05 % du chiffre d'affaires

Chiffre d'affaires supérieur à 5.000 millions d'euros :

0,05 % du chiffre d'affaires

 

L'estimation globale des coûts récurrents futurs de préparation des états financiers en IFRS est la suivante :

 

Chiffre d'affaires inférieur à 500 millions d'euros :

0,06 % du chiffre d'affaires

Chiffre d'affaires compris entre 500 et 5.000 millions d'euros :

0,01 % du chiffre d'affaires

Chiffre d'affaires supérieur à 5.000 millions d'euros :

0,008 % du chiffre d'affaires

 
Première adoption des IFRS

L'ICAEW a dressé le constat que les premiers adoptants ont utilisé les exemptions optionnelles offertes par IFRS 1 en utilisant différentes combinaisons. Cela a eu pour effet de gêner la comparaison des états financiers entre premiers adoptants, ainsi qu'entre premiers adoptants et sociétés qui avaient antérieurement (à 2005) opté pour les IFRS.

Sur un panel de 151 groupes premiers adoptants dont les états financiers ont été analysés par l'ICAEW :

Présentation fidèle et méthodes comptables

Aucune des entreprises étudiées par l'ICAEW n'a eu recours à l'exception, qui ne peut se produire que dans des circonstances extrêmement rares, permettant de déroger aux dispositions des IAS/IFRS (IAS 1).

Concernant les méthodes comptables, de nombreux groupes ont recopié les normes elles-mêmes sans les adapter à leur propre situation. Plus d'attention devrait être accordée aux informations sur les jugements réalisés, l'utilisation d'estimations et l'impact des normes nouvelles ou révisées. Plusieurs organismes de régulation boursière ont identifié, comme une source de préoccupation, les informations fournies relatives aux méthodes comptables.

Présentation des états financiers

Tous les groupes étudiés par l'ICAEW ont publié les états financiers prescrits par les normes ; cependant, plusieurs cas de non-conformité ont été relevés pour certaines entités qui ont comptabilisé les gains et pertes actuariels dans leurs capitaux propres mais n'ont pas présenté un état des produits et charges comptabilisés, tel que cela est requis par la version amendée d'IAS 19 "Avantages du personnel" et IAS 1 "Présentation des états financiers".

Dans de nombreux cas, des agrégats supposés mieux reflèter la performance d'une entité (tels que l'EBITDA - Earnings Before Interest, Tax, Depreciation and Amortisation ou résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) sont présentés dans le compte de résultat ou dans un autre document. Plusieurs régulateurs boursiers ont exprimé leur inquiétude quant à de telles présentations.

Comptabilisation à la juste valeur

L'ICAEW a constaté que l'utilisation de la comptabilisation à la juste valeur en IFRS est moins fréquente que cela est supposé être le cas et qu'elle est même, d'une manière générale, très limitée. En particulier, lorsque les entités ont le choix entre le modèle du coût et celui de la juste valeur, elles choisissent le modèle du coût.

Immobilisations incorporelles

L'ICAEW a constaté que le niveau d'information relatif aux durées d'utilité et aux taux d'amortissement n'était pas cohérent, certaines entités ne fournissant pas une analyse complète des durées d'utilité utilisées lorsqu'il y avait beaucoup d'immobilisations incorporelles différentes.

Les informations relatives à l'affectation du goodwill aux unités génératrices de trésorerie, ainsi qu'aux analyses de sensibilité méritent également d'être complétées. Lors des tables rondes, des doutes ont été exprimés sur la valeur des nouvelles informations requises par IFRS 3 concernant les immobilisations incorporelles.

Informations à fournir sur les régimes de retraite à prestations définies

L'ICAEW a noté que certaines informations prescrites par IAS 19 "Avantages du personnel" ne sont pas fournies, celles concernant les hypothèses actuarielles étant souvent très pauvres.

Les dispositions d'IAS 19 relatives aux informations à fournir qui ont pour objet de permettre aux utilisateurs d'états financiers d'évaluer la nature des régimes à prestations définies et les impacts financiers des modifications apportées à ces régimes sont affectées par le manque de cohérence de la présentation de ces informations. De plus, le nombre d'options comptables offertes et l'absence de détails fournis dans les notes contribuent à affaiblir davantage la capacité des utilisateurs à évaluer l'impact des régimes à prestations définies des sociétés.

Paiements fondés sur des actions
Instruments financiers

Au cours de ses travaux, l'ICAEW a constaté les éléments suivants :

Pour télécharger (en anglais) :

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