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L'EFRAG répond au questionnaire de l'IASB sur les PME
L'EFRAG a finalisé ses premières observations sur le questionnaire de l'IASB qui concerne les modifications à apporter aux principes de comptabilisation et d'évaluation prévus dans les IFRS, en vue des les adapter aux PME. Le projet de lettre de l'EFRAG est soumis à commentaires publics jusqu'au 20 juin 2005.
Attention
L'article ci-dessous est rédigé sur la base du projet de réponse de l'EFRAG. Pour connaître la réponse définitive de l'EFRAG, consulter dans le thème "Normes et interprétations", rubrique "Lettres de commentaires", l'article intitulé EFRAG - Réponse au questionnaire de l'IASB concernant les IFRS pour les PME .
Rappel
Extrait de l'article du 5 avril 2005 :
L'IASB a publié, le 5 avril 2005, un questionnaire sur les modifications à apporter aux principes de comptabilisation et d'évaluation prévus dans les IFRS, en vue de les adapter aux besoins des PME. Comme la définition d'une PME varie d'un pays à l'autre, l'IASB définit celle-ci comme une entité qui :
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n'exerce pas de responsabilité publique ; les banques, compagnies d'assurance, fonds de pension, sociétés faisant appel public à l'épargne, entités qui fournissent un service au public ... par exemple, sont des entités qui exercent une responsabilité publique ;
et - publie des états financiers présentant un caractère général, pour les besoins d'utilisateurs externes.
Le document publié par l'IASB présente 2 questions :
Question 1 : quels sont les domaines pour lesquels il serait possible d'apporter des mesures de simplification des principes de comptabilisation et d'évaluation pour les PME ? L'IASB fournit en pièce jointe à son questionnaire une liste de sujets relatifs à la comptabilisation et à l'évaluation, qui sont susceptibles de poser des problèmes aux PME. La réponse à cette question devra notamment préciser :
- les problèmes spécifiques de comptabilisation et d'évaluation pour les PME si elles appliquent les IFRS ;
- les opérations ou événements spécifiques qui créent des problèmes de comptabilisation et d'évaluation pour les PME si elles appliquent les IFRS ;
- pourquoi est-ce un problème ;et
- comment ce problème peut-il être résolu.
Question 2 : sur la base de votre expérience, indiquez quelles situations actuellement traitées par les normes comptables internationales, pourraient être écartées d'un référentiel spécifique aux PME, car il est peu probable que celles-ci y soient confrontées. Dans le cas contraire, les nouvelles normes fixées pour les PME renverraient aux IAS/IFRS existantes.
Pour en savoir plus, consulter cet article intitulé Référentiel comptable spécifique pour les PME
Projet de réponse de l'EFRAG (3 parties)
I- Fondements
L'EFRAG considère que la notion de PME couvre une échelle très large d'entités qui peut aller d'une entreprise dont les états financiers n'intéressent personne en dehors des membres de la direction, jusqu'à une entité présentant quasiment toutes les caractéristiques d'une société exerçant une responsabilité publique (ou, par simplification, une société cotée). Or, l'EFRAG souhaite que l'IASB n'en tire pas la conclusion que, puisque des entités de taille importante peuvent être concernées, le référentiel actuel leurs conviendrait après qu'il lui soit apporté quelques (voire aucune) modifications. L'EFRAG croit plutôt que les utilisateurs dans l'environnement PME nécessiteront, en général, des états financiers moins complexes et moins sophistiqués que les utilisateurs des états financiers des sociétés cotées puisque qu'ils sont moins orientés "marché des capitaux".
Au regard de cela, l'EFRAG estime que l'IASB devrait se concentrer sur les besoins-type d'une PME de taille moyenne et laisser le soin aux différentes juridictions de fixer le seuil d'application soit du référentiel prévu pour les sociétés cotées, soit de celui développé pour les PME. En répondant au questionnaire, l'EFRAG a suivi cette approche, soit de viser les entités de taille moyenne en utilisant la définition fournie par la 7ème Directive (total de bilan de 14 millions d'euros ; chiffre d'affaires de 29,2 millions d'euros ; nombre moyen de salariés : 250). En outre, EFRAG considère que
- les actionnaires d'une PME utilisent prioritairement les états financiers dans le but d'évaluer la qualité de la direction de l'entité (efficacité des stratégies, performance, etc.) plutôt que pour les aider à prendre des décisions d'acheter, de garder, ou de vendre des actions;
- la capacité de générer une trésorerie suffisante pour faire face aux obligations dans le cours normal des affaires est plus examinée par les utilisateurs des états financiers de PME. Ceci révèle l'importance de s'assurer que tous les passifs sont comptabilisés. Cela sous-entend également l’importance d’utiliser des bases d'évaluation qui permettent aux utilisateurs d'évaluer le niveau des entrées de trésorerie à court et à moyen terme;
- les utilisateurs des états financiers de PME ont généralement besoin de réconcilier les éléments des états financiers avec la stratégie de l'entité, les décisions prises, etc. Dans cette optique, les règles d'évaluation basées prioritairement sur des valeurs de marché ne sont pas adaptées aux besoins de ces utilisateurs, lorsqu'elles sont appliquées à des actifs que l'entité n'a pas l'intention ou la possibilité de réaliser ou de vendre ;
- les normes comptables pour les PME devraient avoir pour objectif de les aider à améliorer leur reporting financier car cela peut se révéler très bénéfique et moins coûteux, notamment lorsqu'elles cherchent de nouveaux capitaux ou pour réduire leurs frais financiers ;
- pour des raisons de coût/avantage, de pertinence et de fiabilité, il est très important que les informations publiées proviennent de l'information utilisée pour la communication interne ;
- les états financiers d'une PME doivent être plus simples à comprendre et les traitements comptables compliqués doivent être évités, dans la mesure du possible, tout en devant répondre aux besoins des utilisateurs. Cependant, si l'entité réalise des transactions complexes, elles doivent être reflétées dans les états financiers.
Enfin, l'EFRAG rappelle que les PME ne disposent généralement pas des mêmes ressources internes que les sociétés cotées pour mettre en oeuvre des normes comptables complexes, sans aide externe. Dans ce cadre, l'EFRAG souligne l'importance de développer plus de guidance pour les PME, notamment pouvant les aider à déterminer les situations dans lesquelles différents traitements comptables autorisés s'appliquent.
II - Réponse à la question "Quels sont les domaines pour lesquels il serait possible d'apporter des mesures de simplification des principes de comptabilisation et d'évaluation pour les PME ?"
La réponse de l'EFRAG traite de 3 thèmes:
a) Le caractère pertinent et la juste valeur
b) Simplifications basées sur des arguments "coût/avantage"
c) Simplifications en raison de la rareté de ces transactions dans les PME ou lorsque la complexité des transactions impose l'application de la Norme complète
a) Le caractère pertinent et la juste valeur
Selon l'EFRAG, la juste valeur n'est pas nécessairement une méthode d'évaluation pertinente pour certains actifs ou passifs de PME. L'EFRAG estime que l'évaluation à la juste valeur devrait être autorisée ou obligatoire si les deux critères suivants sont réunis :
- les informations observables sur le marché sont disponibles ;
- soit l'actif peut être vendu sur le marché à n'importe quel moment, sans provoquer une interrruption ou un changement majeur dans les activités de l'entité, soit la direction s'est engagée dans un plan - qu'elle souhaite mener à son terme - en vue de vendre l'actif et elle recherche de manière active un acquéreur.
Toutefois, deux exceptions seraient autorisées :
- la juste valeur peut toujours être utilisée lors de la comptabilisation des régimes à prestations définies selon IAS 19 "Avantages du personnel", même si les critères précédents ne sont pas respectés ;
- la définition d'un marché actif telle qu'elle figure actuellement dans IAS 38 "Immobilisations incorporelles" devrait être retenue pour les actifs incorporels (c'est-à-dire qu'en plus des critères ci-dessus, l'actif incorporel devra également pouvoir être vendu sur un marché d'éléments négociés homogènes et pour lesquels les prix sont disponibles au public).
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b) Simplifications basées sur des arguments "coût-avantage" |
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c) Simplifications en raison de la rareté de ces transactions dans les PME ou lorsque la complexité des transactions impose l'application de la Norme complète |
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IAS 39 - L'EFRAG considère que le référentiel destiné aux PME ne devrait traiter que de la comptabilité de couverture des risques de change ; pour les opérations plus complexes de couverture, les PME devraient se référer à IAS 39. Par conséquent, le référentiel des PME ne traiterait que des points suivants :
- tous les dérivés devraient être évalués à leur juste valeur et les variations comptabilisées en résultat, sauf que les gains et pertes devraient être enregistrés dans les capitaux propres pour les situations de couverture décrites ci-dessous ;
- les règles pour le référentiel des PME relatives à la comptabilité de couverture ne devraient concerner que les couvertures de change et pour ces couvertures, les principes décrits dans IAS 39 pour les couvertures de flux de trésorerie devraient s'appliquer;
- dès le début, l'élément couvert doit être documenté à partir de l'information utilisée par la direction pour déterminer les transactions à couvrir telle que les budgets de ventes, prévisions des flux de trésorerie, etc.
L'efficacité devrait être testée régulièrement, et au moins annuellement. Les positions de couverture devraient être évaluées par rapport aux transactions futures en devises et toute inefficacité devrait être comptabilisée dans le compte de résultat.
IFRS 2 "Paiements fondés sur des actions" - L'EFRAG suggère que les PME soient autorisées à utiliser la valeur intrinsèque si la juste valeur d'un passif ne peut pas être estimée de façon fiable lors de la comptabilisation d'opérations dont le paiement est fondé sur des actions et qu'il est opéré en trésorerie.
Règles de comptabilisation et d'évaluation pour lesquelles il n'est pas identifié de mesures de simplification
- IAS 2 "Stocks" ;
- IAS 8 "Méthodes comptables, changements d'estimations comptables et erreurs" ;
- IAS 10 "Evènements postérieurs à la clôture" ;
- IAS 11 "Contrats de construction" ;
- IAS 12 "Impôts sur le résultat" ;
- IAS 18 "Produits des activités ordinaires" ;
- IAS 19 "Avantages du personnel" ;
- IAS 20 "Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l'aide publique" ;
- IAS 21 "Effets des variations des cours des monnaies étrangères" ;
- IAS 29 "Information financière dans les économies hyperinflationnistes" ;
- IAS 31 "Participations dans des coentreprises" ;
- IAS 32 "Instruments financiers : informations à fournir et présentation" ;
- IAS 37 "Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels" ;
- IAS 41 "Agriculture" ;
- IFRS 6 "Prospection et évaluation de ressources minières".
III - Réponse à la question "Sur la base de votre expérience, indiquez quelles situations actuellement traitées par les normes comptables internationales, pourraient être écartées d'un référentiel spécifique aux PME, car il est peu probable que celles-ci y soient confrontées. Dans le cas contraire, les nouvelles normes fixées pour les PME renverraient aux IAS/IFRS existantes."
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Pour télécharger (en anglais) le projet de réponse de l'EFRAG (68 ko). |
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