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Discours de Philippe Danjou, membre de l'IASB, à Madrid


Philippe Danjou, membre de l'IASB, a prononcé un discours à Madrid, intitulé « Information financière et marchés financiers », lors du 50ème anniversaire de l'EFFAS (Institut espagnol des analystes financiers), marquant également le dixième anniversaire de l’application dans l’Union européenne du règlement de 2002 portant application des IFRS. Beaucoup de juridictions ont depuis suivi l’exemple européen et le moment est propice pour faire l’inventaire de l’application hors d’Europe. L’extension a été telle que l'Europe n’est plus majoritaire.

LES GRANDES TENDANCES DU REPORTING FINANCIER

La mondialisation a multiplié les marchés dans les économies émergentes et les hauts rendements s’accompagnent de risques. Une information financière de qualité et comparable réduit le risque d’investissement.

Volatilité des changes

L’internationalisation accroît les risques de change et la volatilité est grande. Les investisseurs doivent comprendre ces risques ainsi que les politiques et la comptabilité de couverture. Ces problèmes concernent également les matières premières, les prix de l’énergie et les taux d’intérêt.

Evaluation des actifs

Des regroupements d’entreprises de plusieurs milliards sont favorisés par des taux d’intérêt historiquement bas. Les valeurs attribuées aux actifs reposent sur des prévisions fragiles. Il faut s’attendre à des dépréciations des goodwills et des actifs ; la rigueur des normes comptables et la qualité de leur mise en oeuvre (« enforcement ») sont essentielles pour les investisseurs.

Faiblesse des taux d’intérêt

L’impact sur les bilans de la réduction des taux d’actualisation peut être très significatif. Les obligations de retraites à prestations définies pourront-elles être honorées ? La même question se pose pour les compagnies d’assurance.

Diversification

L’importance du reporting sectoriel (IFRS 8) est considérable, de même que les nouvelles disposition d’information selon IFRS 12 pour les entités comprises dans le périmètre de consolidation.

Indicateurs de performance clés, données non comptables et surcharge de notes annexes

La communauté financière demande que le normalisateur s’intéresse à la fiabilité, pour l’instant incertaine, des données non comptables publiées ainsi qu’à la réduction des informations inutiles et non significatives qui encombrent les annexes.

L’ADOPTION DES IFRS DANS LE MONDE

114 juridictions ont adopté les IFRS de façon obligatoire pour au moins la plupart de leurs sociétés d’intérêt public. Les modifications sont rares : délais, adoption d’une version antérieure,  carve-out d’IAS 39 en Europe.

12 pays ont autorisé, sans le rendre obligatoire, l’utilisation des IFRS : parmi eux : la Suisse, le Japon, l’Inde.

En Suisse, 86% du segment international de la Bourse utilisent les IFRS, contre 16% les US GAAP.

Au Japon, les IFRS sont autorisées depuis 2010 sous certaines conditions : 75 groupes appliquent les IFRS, soit environ 20% de la capitalisation boursière.

En Inde, seules 11 sociétés ont choisi les IFRS pour l’instant. Le programme de convergence est en route.

L’Arabie Saoudite n’impose les IFRS qu’aux banques, mais envisage de les étendre aux autres sociétés.

8 pays appliquent leurs règles nationales : parmi eux, les Etats Unis et la Chine.

Aux Etats Unis, la présence des IFRS est significative : environ 500 sociétés étrangères cotées aux Etats-Unis appliquent les IFRS. En outre, les efforts de convergence entre les deux référentiels ont porté certains fruits.

En Chine, l’application est plus ambiguë. Sur la très importante place de Hong-Kong les IFRS sont autorisées et largement utilisées. Sur le continent, ce sont les règles chinoises qui s’appliquent. Cependant, la Chine a adopté un ensemble de normes « convergées en substance » avec les IFRS, et s’est engagée à converger davantage.

Globalement, les IFRS sont appliquées pas 52% des plus grandes sociétés du monde, contre 29% pour les US GAAP.

BILAN DU REGLEMENT EUROPEEN DE 2002

La Commission européenne a commandité un rapport, publié en octobre 2013 (rapport Maystadt), qui conclut favorablement sur le « bilan » des IFRS en Europe. Ensuite, la Commission a mené une consultation publique entre août et novembre 2014. Elle a reçu 200 réponses, consultables sur son site, également favorables dans l’ensemble, avec un bémol en ce qui concerne le rapport coûts / bénéfices pour les petites sociétés. Dans sa réponse, l’EFFAS (Institut espagnol des analystes financiers) reconnaît que les IFRS ont amélioré la cohérence, la comparabilité et l’intelligibilité. On ne sait pas quel rapport fera la Commission au Parlement européen, mais ce sont des signes encourageants. 

Pour se connecter au site internet  de l'IASB

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